Témoignage
« C’est un métier précieux»
Guy Reynoudt est formateur de Tuyauteurs industriels. Membre du centre AFPA d’Hazebrouck, il donne les clés d’un métier pour lequel la maîtrise technique est un gage de réussite.
Comment les stagiaires abordent-ils l’apprentissage du métier ?
Notre formation est très proche de la réalité. Nous faisons donc travailler les stagiaires sur des lignes de tuyauteries. Sur des tronçons qui sont habituellement utilisés dans les secteurs industriels, les raffineries, l’agro-alimentaire et autres. Le matériel réalisé est installé sur un rack de montage utilisé aussi en usine et en chantier. L’installation va du plus simple au plus compliqué, ce qui permet à chaque stagiaire de maîtriser réellement à la fin de son stage tous les types de montage.
Les travaux nécessitent des calculs ; faut-il être bon en maths ?
Pas nécessairement. Il faut connaître les quatre opérations bien sûr, mais pour la trigonométrie, nous apportons tous les moyens nécessaires pour comprendre les plans isométriques et maîtriser tous les calculs de mesures d’angles, de coudes et de volumétrie. Dans le privé, peu de personnes connaissent réellement ce genre de choses. Il y a beaucoup d’autodidactes dans la profession, et il est difficile aujourd’hui de recruter un bon professionnel riche de toutes ces bases d’apprentissage.
Les travaux réalisés sont-ils différents chaque jour ?
Il n’y a jamais le même tuyau à réaliser ! Un jour, c’est du tout petit tuyau, le lendemain, ça peut être du très gros tuyau. Le matériau change également. Un jour vous travaillez de l’acier simple, le lendemain c’est de l’acier inoxydable. Et puis le secteur compte pour beaucoup, si vous travaillez pour la métallurgie, la sidérurgie, l’agro-alimentaire, le secteur pharmaceutique, la construction navale ou encore l’énergie. La formation permet de travailler dans des domaines extrêmement pointus.
Pour quelles raisons, le métier est-il très demandé ?
Dans tous les secteurs concernés, le tuyauteur est un métier précieux. Contrairement à d’autres métiers, la profession ne pourra être remplacée par une machine. Ce qui est apprécié notamment c’est la maîtrise de la trigonométrie et de la géométrie, sans oublier l’autonomie dans le travail.
C’est réellement un métier d’avenir, avec une rémunération qui peut être très intéressante. J’ai l’exemple de stagiaires, partis en région parisienne, qui gagnent aujourd’hui 3000 euros par mois. Ce qu’il faut savoir en revanche, c’est que si l’on veut réussir dans la profession, il ne faut pas avoir peur de se déplacer. Il faut être mobile.